Histoire d’un candidat engagé pour notre village
D’un concours de pétanque à une vie au service du village
Lorsque j’ai fait le choix de m’installer à Saint-Marcel-en-Dombes, le village comptait à peine cinq cents âmes. Nous étions en juillet 1992, et je décidais, presque par curiosité, de partir à la découverte de ce nouveau lieu de vie.
Le hasard — ou peut-être le destin — me conduisit un dimanche après-midi devant l’école du village. Une joyeuse effervescence y régnait : un concours de pétanque battait son plein.
Je ne connaissais absolument personne. Et pourtant, quelques minutes plus tard, me voilà inscrit sur les tablettes de l’organisatrice. On m’associa à un partenaire que je n’avais jamais vu, un habitué du camping de Villars-les-Dombes. Il jouait plutôt bien, il faut l’admettre… même si son attitude n’était pas toujours des plus agréables, ni avec les adversaires, ni avec moi.
Contre toute attente, nous enchaînâmes les parties, gagnant souvent sur le score sans appel de 13 à 0. Ceux qui connaissent mes qualités très relatives de « pétanqueur » auront sans doute du mal à y croire, mais ce jour-là, je remportai le concours de pétanque de Saint-Marcel-en-Dombes.
Avec le recul, je suis convaincu que cet événement fut mon véritable acte de naissance dans le village. Il m’ouvrit les portes de rencontres, de discussions, et surtout d’un attachement durable à Saint-Marcel-en-Dombes.
S’engager, simplement, naturellement
Ma fille étant scolarisée à l’école du village, je fis rapidement la connaissance d’autres parents. Peu à peu, je m’intéressai à la vie locale et associative. À cette époque, l’association la plus emblématique était le Ball-Trap, qui organisait chaque année, sur deux jours, un impressionnant tir aux pigeons d’argile, y compris de nuit pour les plus aguerris.
Je m’y impliquai comme bénévole et découvris une organisation remarquable. Je garde un souvenir très précis de ces heures passées dans la petite guérite métallique servant à lancer les plateaux. En binôme avec Monsieur C., nous aurions pu y laisser quelques plumes : il arrivait que des plombs viennent s’écraser contre la tôle dans un fracas assourdissant.
Mais au-delà de l’anecdote, l’essentiel était ailleurs : cette association reversait une subvention à l’école, permettant à une classe entière — probablement les CM2 — de partir une semaine complète au ski. Une action simple, concrète, profondément utile.
La naissance du football à Saint-Marcel
En 1996 ou 1997, trois volontaires décidèrent de créer un club de football à Saint-Marcel-en-Dombes. Informé du projet, je rejoignis immédiatement ce trio. Voir ma passion pour le football prendre racine dans le village me réjouissait profondément.
Partant de rien, nous fûmes soutenus avec enthousiasme par le maire de l’époque, André Taponat, qui mit à disposition un terrain… alors simple champ à vaches, peu propice au jeu. À ses frais, il décida de le labourer, de l’aplanir et de l’ensemencer. Ce geste restera gravé dans la mémoire collective.
Le Football Club de Saint-Marcel (FCSM) prit rapidement son envol, porté par une équipe soudée, conviviale et efficace, animée par une ambition claire : offrir aux enfants du village et des alentours un cadre sportif et éducatif.
Les premières cages furent déplacées à la force des bras depuis le city stade. Puis le club investit dans du matériel adapté au football à sept, achetant, transportant et installant lui-même les équipements.
À cette époque, j’étais président du club, et je tiens à souligner avec force le rôle essentiel joué par les bénévoles féminines. Leur sérieux, leur efficacité, leur humanité furent déterminants dans la réussite du club. Isabelle, Véronique, Hélène, Julie, Agnès… et toutes celles qui ont œuvré dans l’ombre méritent une reconnaissance appuyée.
Tournois, concours de pétanque, repas dansants, ventes de calendriers et de boudins, Noël des enfants… le FCSM était autant un club sportif qu’un acteur majeur de la vie associative.
Construire, améliorer, transmettre
Le terrain, bien que plat, restait souvent impraticable à cause de la boue. Une petite cabane en bois, achetée chez Castorama par Monsieur P., servait de vestiaire. Monsieur S., électricien, y installa même un chauffage d’appoint pour préserver les enfants du froid.
Cette cabane, déplacée plus tard par le club, sert aujourd’hui à l’école du village.
Lorsque le besoin d’un vestiaire en dur se fit sentir, une concertation exemplaire avec la mairie permit de revoir un projet initial jugé trop coûteux. La mairie prit en charge le gros œuvre, le club le reste. Résultat : un coût divisé par deux et un chantier mené avec passion par les bénévoles du FCSM.
Carrelage, crépi, peinture, bancs, cuisine, local arbitre… tout fut réalisé par le club. Un ancien algéco de l’école, récupéré et rénové, devint un espace de stockage indispensable — et il est encore en place aujourd’hui.
Grâce aux fonds issus de la Coupe du Monde 1998, le FCSM obtint une subvention exceptionnelle de 80 000 € pour le drainage du terrain. Une reconnaissance rare pour un petit club, et une immense fierté.
À partir de là, la pelouse devint praticable presque toute l’année, entretenue avec soin — n’est-ce pas Monsieur Marc, infatigable chasseur de mauvaises herbes ?
Main courante, abris de touche… là encore, le club finança et réalisa les équipements.
Pendant quinze années, j’assurai la présidence du FCSM, avec une seule boussole : donner aux enfants des moments de sport, de joie et de convivialité.
Servir autrement : l’engagement municipal
En parallèle, je rejoignis en 2000 l’équipe municipale conduite par Maurice Limandas, en tant que quatrième adjoint. Je m’occupais de la jeunesse, des associations, du tourisme.
Un calendrier partagé des événements vit le jour, favorisant entraide et cohésion entre associations.
Tournois de foot rassemblant plus de deux cents enfants, repas festifs, méchouis mémorables, actions solidaires… la vie associative du village était foisonnante — au point de susciter une certaine jalousie chez nos voisins.
Je créai également le Conseil des Jeunes de Saint-Marcel (CJSM), avec élections, réunions mensuelles et projets concrets : spectacles, actions solidaires, sécurité, équipements publics… Un registre en mairie conserve encore la trace de ces travaux.
Correspondant tourisme, je participai à la création du sentier pédestre de Château Blanc. Je mis aussi en place un concours de fleurissement, suivi les chemins communaux, travaillé sur l’assainissement, les réseaux, la numérotation des rues, et assuré des fonctions d’officier d’état civil — avec l’honneur de célébrer des mariages.
Lors de mon second mandat, je fus premier adjoint aux côtés de Dominique Petrone, avec qui j’ai toujours partagé des valeurs humaines solides.
Enfin, mon engagement se poursuivit à l’échelle intercommunale, au sein de la Communauté de communes de la Dombes, découvrant une autre facette de l’action publique, structurée, démocratique et essentielle à l’organisation de notre territoire.
Merci d’avoir pris le temps de me connaitre.